Fabrication des cellules photovoltaïques au silicium cristallin

Une petite video de synthèse :

Pour la fabrication de ce type de cellules photovoltaïques, on utilise des cristaux de silicium sous forme monocristalline ou polycristalline. Les processus de fabrication de ces cellules PV sont similaires. Cependant, les procédés d’obtention des matériaux de base (silicium monocristallin ou polycristallin) sont différents.

Cristaux de silicium

Cristaux de silicium

L’obtention de la matière première

Silicium monocristallin

Principe de Tirage du Silicium

La technologie monocristalline, plus chère, utilise des barres pures de silicium également employées dans la fabrication des puces électroniques. Le silicium monocristallin est une matière première d’une très grande pureté.

Il est généralement obtenu par tirage, selon le procédé « Czochralski » ou par fusion par zone. Une plaquette de silicium monocristallin est composée d’un seul grain.

On obtient des lingots cylindriques monocristallins par tirage en creuset.

Pour optimiser l’intégration des cellules dans les modules PV, les bords des lingots sont coupés à la scie : on appelle cette opération l’équarrissage.

Silicium polycristallin

Le silicium polycristallin, quant à lui, est obtenu par refonte des chutes de silicium monocristallin issues des opérations d’équarissage. Son taux de rendement est légèrement inférieur mais il est beaucoup moins cher à l’achat.
Les chutes sont placées dans un creuset porté à + 1 430 °C. Après la phase de fusion, le fond du creuset est refroidi. On oriente de bas en haut la solidification, pour lui donner une structure colonnaire multicristalline à gros grains. Le lingot obtenu est ensuite découpé, en briques de 101,5 x 101,5 mm ou 120 x 120 mm actuellement.
Ces briques sont ensuite assemblées pour être transformées.

Le découpage des lingots


Lingots de Silicium

Lingots de Silicium

Les lingots sont découpés en « tranches » de silicium appelées « wafer » au moyen d’outils spéciaux : une scie diamentée pour le silicium monocristallin, une scie à fil pour le silicium polycristallin.

Dans la scie à fil, les fils organisés en nappes servent de véhicule à un mélange abrasif déposé en continu. Ils rôdent et découpent les lingots de silicium en « tranches » fines de 0,2 mm d’épaisseur (95).
Cette technologie est délicate car elle requiert la maîtrise de plusieurs paramètres : diamètre et tension du fil, vitesse de découpe, composition du mélange abrasif, épaisseur des « wafers ».

Pour les cellules polycristallines, un décapage à la soude permet, en modifiant la texture, d’augmenter la surface de capture de la lumière.

Dopage des tranches

L’étape la plus importante de la fabrication (celle qui va transformer la « tranche » de silicium en photopile) est la réalisation de la jonction P-N. On réalise une structure de diode en dopant le matériau en volume avec un élément tel que le bore qui le rend positif ( zone « P » ) et en le contre-dopant dans une zone superficielle avec du phosphore qui le rend négatif ( zone « N » ).

La face qui sera exposée à la lumière est polie et dopée avec du phosphore ( zone « N » ) . Dans la plupart des cas, le dopage est effectué à partir de phosphore par diffusion thermique. La température de dopage type est comprise entre + 800 et + 900 °C. Les deux techniques utilisées pour le dopage de la face avant sont :
-le dépôt par centrifugation d’un film de silice polymérique contenant du phosphore et la diffusion par traitement thermique. Le film devra être ensuite enlevé.
-le dopage par voie chimique par barbotage d’un gaz neutre dans du chlorure de phosphoryle dans un four haute température. C’est aujourd’hui la méthode la plus répandue.

Le dépôt de la couche anti-reflets

Afin de faciliter au maximum la pénétration des photons à travers la surface, ou plutôt de minimiser la réflexion des photons, on dépose une couche anti-reflet sur la face avant des cellules PV. Elle est traditionnellement réalisée en oxyde de titane et déposée sur une surface dépolie.

Un autre procédé consiste à remplacer l’oxyde de titane par du nitrure de silicium, produit à partir d’un mélange silane / ammoniac et déposé dans un réacteur plasma.

La pose des contacts métalliques


Zoom sur une cellule photovoltaïque

Zoom sur une cellule photovoltaïque

Les contacts métalliques sont déposés de façon optimale pour ne pas trop réduire la surface de la cellule occultée, tout en permettant le transfert d’un maximum d’électrons. Ils sont ensuite appliqués selon une technique de lithographie, avec une pâte métallique sur les faces avant et arrière.

Puis les plaquettes sont recuites pour renforcer les contacts et obtenir une résistance optimale.

Le contrôle des cellules

Enfin, les cellules photovoltaïques sont contrôlées et triées suivant leurs caractéristiques.

L’enchaînement

Les cellules sont ensuite connectées plusieurs fois les unes aux autres pour former des chaînes, le nombre de cellules connectées en parallèle et en série définissant les caractéristiques du module photovoltaïque.

L’encapsulation

Les chaînes de cellules sont encapsulées dans un plastique éthylène vinyle acétate pour les protéger des agressions extérieures ( rayons U.V., humidité ) et les isoler électriquement.

L’ensemble est protégé sur la surface avant par un verre trempé à haute transmission et ayant une bonne résistance mécanique, et sur la face arrière par une feuille de Tedlar ou de polyéthylène. Les différents composants sont soudés à haute température en un laminé protégé de la majorité des agressions extérieures.

Enfin après plusieurs vérifications le module peut être mis sur le marché.

  1. #1 by LAOUFI on 21 octobre 2009 - 9 h 53 min

    Bonjour,
    comment peut-on encapsulé la celulle photovoltaique avec l'EVA ou bien comment peut-on déposer le film d'EVA visqeux sur une cellule en silicium?
    Merçi d'avance,

    • #2 by elespanol on 21 octobre 2009 - 15 h 48 min

      Bonjour,
      Dans les solutions industrielles, l'encapsulation se fait grace a une mise sous vide du module (composé de bas en haut d'une couche de Tedlar, une couche d'EVA, les cellules reliées par des lamelles métalliques, une deuxième couche d'EVA puis la couche de verre).
      Le tout est ensuite passé dans une presse sous vide et chauffé à 150°C pendant environ 20 minutes afin de faire fondre l'EVA et coller les couches entre elles.
      On laisse ensuite le module refroidir et on nettoie les bords du panneau de l'excedent de matière.
      Pour une production personnelle, il est possible de se créer un petit four à infrarouge mis sous vide grâce à une pompe récupérée par exemple sur un réfrigérateur.
      Le verre peut être remplacé par un matériau plus léger (le verre est utilisé pour protéger le panneau des intempéries ou autres accidents).
      Il ne faut pas oublier de faire sortir les lamelles à travers le Tedlar en bout de circuit pour pouvoir les relier à la boite de jonction.
      Je vais me renseigner pour avoir plus de précision quant à la création d'un panneau photovoltaique maison et ferais une page dessus.
      Si besoin, n'hésitez pas à nous reposer des questions.

  2. #3 by olivier on 31 octobre 2009 - 16 h 25 min

    bjr
    je suis intéressé aussi par cette tech, j'ai des notions de photopolymère et de lithographie.
    si je peux apporter ma pierre à l'édifice.
    bien à vous

    • #4 by Thomas Genin on 31 octobre 2009 - 16 h 40 min

      Bonjour,

      ce serait avec plaisir, l'article à besoin de précision, correction, et peut être aussi de nouvelles images. Dite nous quelles modifications seraient nécessaire selon vous.

  3. #5 by olivier on 31 octobre 2009 - 16 h 25 min

    bjr
    je suis intéressé aussi par cette tech, j'ai des notions de photopolymère et de lithographie.
    si je peux apporter ma pierre à l'édifice.
    bien à vous

  4. #6 by Ryuji on 26 décembre 2009 - 22 h 55 min

    Bonjour , je suis encore en 1ere , et en lisant cette page , je me suis posé une question peut-être bête due à une incompréhension , mais cela me rassurerait que l'on m'éclaire :

    <<Les contacts métalliques sont déposés de façon optimale pour ne pas trop réduire la surface de la cellule occultée, tout en permettant le transfert d’un maximum d’électrons>>.

    Les contacts métalliques ne servent donc qu'à lier les les planches de silicium , ils n'ont aucun rôle dans le transfert d'électrons ? Etant donné que le métal est conducteur , je me suis dis qu'il y aurait peut-être des échanges par ce biais-là, mais peut-être que les contacts métalliques n'agissent pas du tout au niveau des électrons , et qu'il y a une petite couche de matériaux qui séparerait le silicium du métal , si ce n'est la couche anti-reflets.

    Merci d'avance , en attente d'une réponse compréhensible d'une personne sans connaissances telle que moi =)

    • #7 by elespanol on 27 décembre 2009 - 11 h 20 min

      Bonjour,

      Tout d'abord, aucune question n'est bete ;). Pour la tienne, les lamelles métalliques permettent la liaison entre les cellules mais surtout ce sont elles qui permettent de récupérer le flux d'électrons généré au sein de la cellule.
      Les lamelles épaisses qu'on aperçoit entre les cellules font la jonction entre ces dernières et les petites lamelles réparties sur toute la surface de la cellule et reliées aux grosses lamelles assurent le captage des électrons.

      En espérant t'avoir éclairé ;)

(ne sera pas publié)