Pour la première fois, energies2demain vous propose un reportage photo effectué par ses propres “reporters” ! :p
En ce Vendredi 5 Février, j’ai profité d’une visite dans le cadre de ma formation en Licence Pro Maitrise de l’Energie et Energies Renouvelables pour effectuer ce reportage sur l’Ecogite du Loubatas, près d’Aix-en-Provence.
Guidés par Carole BIRCK, nous avons passé deux heures dans ce fief isolé de l’écologie que je vais tenter de vous retranscrire à travers ces quelques lignes et photos :
Situé à quelques kilomètres du village de Peyrolles en Provence, le centre du Loubatas était à l’origine un centre de sensibilisation aux risques d’incendies en forêt, fléau tristement connu de la région provencale.
Cette fonction explique la chevauchée sur piste (accessible en voiture) nécessaire à l’immersion totale dans le site et son idéologie écologique.
Depuis 30 ans maintenant, l’association du Loubatas nous éduque jeunes et moins jeunes à l’environnement tout en apportant son aide aux personnes victimes de précarité énergétique.
Précurseur dans le domaine, le Loubatas propose actuellement un gite écologique autonome que vous pourrez louer en fonction de vos besoins à condition d’adopter les quelques règles permettant d’économiser et donc par la même occasion de sensibiliser aux enjeux énergétiques actuels.
Venons en à la technique qui en intéressera plus d’un
car comme je l’ai dit, le site est isolé au sens propre comme au sens figuré du terme (attention, le site est en constante évolution donc certaines dispositions peuvent paraitre obsolètes mais la liste des projets est longue
)
Le seul lien avec la civilisation passe par une piste et un câble téléphonique: pas d’eau courante, pas d’électricité et encore moins de gaz.
Comment est-ce possible me direz vous ? Et bien tout simplement en appliquant les préceptes que nous cherchons à diffuser et en utilisant les technologies que nous tentons de vous expliquer sur energies2demain.
Ce miracle passe tout d’abord par une construction intelligente et adaptée au milieu environnant. Le bâtiment est donc orienté plein sud avec un maximum d’ouvertures pour profiter des apports solaires en hiver (et des pergolas végétales pour éviter la surchauffe l’été) et pas ou peu d’ouvertures au nord pour réduire les pertes par les parois froides.
De même, on retrouve des casquettes solaires couplées à des toitures terrasses végétalisées permettant de réduire les déperditions du bâtiment vers l’extérieur en maitrisant et valorisant les apports solaires tout en récupérant les eaux de pluie qui seront réutilisées par la suite.
Toujours dans la pensée d’une architecture bioclimatique, l’agencement des pièces est pensé de telle sorte que les pièces les plus souvent occupées profitent au plus d’apports solaires gratuits tandis que les salles de réunion ou les sanitaires sont placés au nord.
Après avoir observé le bâtiment dans son intégralité, nous sommes invités à monter sur le toit pour observer de plus près la source d’électricité principale du site à savoir : 44 m² de panneaux photovoltaïques prévus pour subvenir aux besoins de 35 personnes (capacité maximale du gite). On peut notamment apprécier des panneaux de 1987, qui commencent à souffrir de l’age et constituent donc un bon indicateur quant à la durée de vie de ce type de technologie.
Certains penseront : “Si peu ?!” Eh oui ! Car ici, contrairement aux installations raccordées au réseau, le but n’est pas de produire le plus possible (et donc gagner le plus d’argent possible…) mais bien de produire suffisamment d’électricité stockée dans des batteries solaires dimensionnées pour une autonomie totale de 7 jours. Si cette limite est dépassée ou si le soleil se fait désirer, un groupe électrogène diesel (il est envisagé de le remplacer par un moteur à huile végétale) prend le relais.
Particularité du site, 4 capteurs monocristallin isolés alimentent une pompe solaire immergée à 80 m de profondeur qui assure l’alimentation du bâtiment en eau potable.
Tout cela parait idyllique mais n’aurait pas été possible sans une maîtrise des installations énergétiques du bâtiment. Ainsi, vous ne trouverez pas de bouilloire ou de four électrique et encore moins de machine à laver utilisant des résistances électriques car ce sont des monstres énergivores ! En fait, ces appareils ont été bannis ou remplacés pour privilégier la production de chaleur au gaz centralisée (chaudière) ou localisée (bruleur). On peut donc alimenter un lave vaisselle ou une machine a laver directement en eau chaude, produite à partir de la chaudière donc à un rendement supérieur.
Par la suite, on se laisse entrainer sur la terrasse supérieure où l’on peut apercevoir 21 m² de panneaux solaires thermiques alimentant 1 ballon de 1000L et 2 de 500 L. Cette eau sera utilisée d’une part pour l’Eau Chaude Sanitaire et d’autres part pour le chauffage du bâtiment qui s’effectue via deux planchers solaires (un pour chaque étage). Un système de télégestion informatique du chauffage permet par la suite d’adapter les températures de chaque pièces en fonction des besoins.
Ce système solaire permet d’assurer 3 mois d’autonomie en période estivale mais fonctionne avec 60% d’appoint en hiver car conçu il y a quelques années et largement sous-dimensionné. Tout problème mérite solution, les capteurs seront remplacés sous peu et l’appoint sera effectué grâce à une chaudière bois à granulés.
Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt? Car il n’y avait pas de filière bois à proximité et qu’il est illogique de faire transporter du bois par camion pour réduire le bilan carbone de l’installation (telle est la politique générale du Loubatas).
Et cette politique est vraiment palpable sur ce site ! On recycle et économise tout et partout : deux types de compost, alimentaire et produit par les toilettes sèches, valorisation des déchets verts par combustion dans un poêle à bois, utilisation de la terre présente pour la réalisation de briques crues.
Nous n’avons malheureusement pas pu visiter l’intérieur de ce bâtiment qui recèle encore beaucoup d’informations et de solutions originales que nous aurons la chance de découvrir lorsque nous reviendrons en mai 2010.
Je vous conseille personnellement de faire le détour ou tout simplement de consacrer une journée pour visiter cet endroit. Que vous soyez initiés ou non, il est intéressant de voir une application réelle de ce que nous tentons de concrétiser avec bien des difficultés parfois…
N’hésitez pas à les contacter, que ce soit pour séjourner dans le gite ou au contraire, contribuer à sa modification et son évolution, de nombreux projets sont en cours et n’attendent qu’une main charitable
En attendant, vous pouvez visiter le site du Loubatas pour plus d’informations.






#1 by Quentin ANTOINE on février 8, 2010 - 9:36
Reportage très sympa. Pour avoir effectué la visite, je conseil vraiment à tous les lecteurs s’ils en ont l’occasion de faire le détour, vous serez très bien accueillis et les animateurs du lieu sont vraiment intéressants. Initiative à soutenir!
#2 by Nicolas Barré on mars 10, 2010 - 4:57
Site isolé, on peut le dire, pensez a prendre le GPS.